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Conseils aux patients qui entrent en thérapie. |
Comment reconnaître une thérapie des faux souvenirs? et...l'éviter.
Note liminaire:
Les parents et familles qui ont un enfant adulte, victime présumée de faux souvenirs d'abus sexuels,
"retrouvés" au cours d'une thérapie se doivent de réagir avec prudence. Ils peuvent consulter notre page:
Conseils aux parents...ici
Mettant à profit l'expérience des associations étrangères, les avis de thérapeutes, de médecins, de psychiatres qui respectent l'éthique de la profession et les témoignages de nos lecteurs, nous avons tenté de donner quelques conseils aux patients qui commencent une thérapie pour les mettre en garde contre les thérapies de la mémoire retrouvée (TMR) et les thérapeutes qui les pratiquent.
Le choix éclairé du thérapeute
Prenez conseil autour de vous, voyez en plusieurs avant de vous décider. Renseignez-vous sur ses méthodes thérapeutiques. Soyez attentifs à son éthique. Posez-lui des questions sur sa formation, sur les risques et les alternatives thérapeutiques?
La plaque ne veut rien dire, le décret de règlementation de la profession de psychothérapeute n'est pas encore en application. Fuyez les titres ronflants ou les méthodes ésotériques.
Le choix d'un thérapeute médecin peut être bon mais plusieurs cas sont signalés de psychiatres qui ont pratiqué la méthode des souvenirs retrouvés et ont été radiés par le Conseil de l’Ordre des Médecins.
Un médecin même expert auprès des tribunaux n’est pas non plus une garantie.
Vous êtes vulnérable, votre vie peut être mise en danger par une thérapie inadéquate...vous pourrez aller encore plus mal au lieu d'aller mieux, alors soyez vigilants!
Vous pouvez lire le livre de Jean Cottraux: "Choisir une psychothérapie efficace" paru en 2011, chez
Odile Jacob.
Lisez aussi l'interview (traduite en en français) et les conseils pour le choix du thérapeute, du Professeur Ian Hickie de l'Université de Sydney en Australie. ici.
Attention
L'"idéologie totalitaire" dénoncée par le psychiatre Edouard Zarifian est à l'oeuvre dans toutes les catégories de thérapeutes, il dit dans son livre Les jardiniers de la folie:
"une idéologie qui s'est nourrie de la psychanalyse et qui l’a caricaturée en allant beaucoup trop loin dans ses généralisations" [...] Si les plus chevronnés des psychanalystes ne sont pas dupes de cette idéologie, ce n'est pas le cas d'un grand nombre d’adorateurs bêlants qui aveuglés, fascinés, propagent avec fanatisme l’idéologie et l’entretiennent aux limites de l'absurde."
Selon les témoignages que nous avons reçus ici, on trouve parmi les thérapeutes de la mémoire "retrouvée" toutes les catégories. Certains d'entre eux sont, bien entendu, des thérapeutes autoproclamés mais aussi des médecins, psychiatres, psychanalystes, psychologues diplômés.
Ils interviennent dans des conférences et des séminaires, et même parfois sont experts auprès des tribunaux.
Comme le confirme Christophe André, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, dans un débat avec Simon-Daniel Kipman (Le Figaro, 24 octobre 2005) :
« Hélas, dans les facs de psycho, les étudiants sont majoritairement formés sur une base quasi exclusive de références psychanalytiques. Ils ne sont que très peu au fait des avancées de la neuro-anatomie, de la neurobiologie,de la génétique et de la pharmacologie, très peu ouverts aux thérapies autres qu'analytiques…»La manipulation paraît souvent évidente vue de l'extérieur, mais la manipulation psychique est telle qu'il faut souvent un intervenant extérieur pour ouvrir les yeux des victimes. Or, la thérapie consiste à couper les liens avec sa famille et avec toutes les personnes qui doutent de la véracité des souvenirs induits par le thérapeute.
Voici quelques critères qui doivent vous alerter et n'hésitez pas à changer de thérapeute si nécessaire:
Concernant le thérapeute :
Une attitude thérapeutique interventionniste et dogmatique et des certitudes quant aux causes de votre mal-être:
Le thérapeute vous dit:
- "je cherche avec vous à trouver la vérité cachée, votre guérison en dépend"
- "des signes ou des symptômes me montrent que vous avez (peut-être ou sûrement) été abusé(e) dans votre enfance, mais votre inconscient l'a refoulé".
- "le refoulement est une pratique courante de l’inconscient pour protéger votre existence".
"vous ne pouvez pas guérir si les évènements que vous avez refoulés ne sont pas retrouvés".
- "j'utilise des procédés infaillibles pour faire parler l’inconscient : Hypnose, Psycho- généalogie, Rêve éveillé, Sexothérapie, Communication guidée …".
- "votre inconscient me parle, je vous restitue ses propres mots, ils sont la vérité que vous refusez de voir".
- "Le rêve que vous avez raconté la dernière fois est d’autant plus important que vous n’y revenez pas, il faut que nous en reparlions".
- "cette méthode est la seule à donner des résultats, elle vous permettra de guérir, je vous le promets."
- "Vous devez me faire confiance, il est normal que vous niez au départ l’abus sexuel dont vous avez été victime et que vous n’en ayez aucun souvenir".
- "Faites-moi confiance j’ai une expérience de plusieurs années (sur la thérapie par les souvenirs retrouvés)".
- "Il faut aller jusqu’au bout si vous voulez guérir."
Vous remarquez:
- Qu'il fait des retours insistants sur les évènements du passé.
- Que le questionnement scientifique est absent, il est remplacé par une théorie sacralisée.
- Que la "théorie" à réponse à tout.
Concernant le thérapeute (suite)
Votre thérapeute organise votre isolement et la rupture avec votre famille:
- "personne ne doit connaître votre thérapeute surtout pas votre famille".
- "rompre avec votre père et votre mère est nécessaire à la guérison".
- "en vous éloignant de vos parents « toxiques », vous trouverez auprès de moi l’aide qu’ils sont incapables de vous apporter".
- "il faut rompre également avec tous ceux dans votre entourage qui nieront les "faits" survenus dans votre enfance".
- "confrontez-vous avec votre "abuseur" au cours d’une réunion de famille, d’une fête de famille, d’un évènement particulier."
Il utilise mal son pouvoir:
- Il dévoie la notion d’autonomie en provoquant la rupture avec la famille et votre dépendance du seul thérapeute.
- Il instaure une relation d’emprise dans une sorte de fusion avec lui, sans dégagement possible.
Il montre une attitude peu professionnelle
- il ne veut pas s'engager sur la durée et le coût de la thérapie.
- de soi-disants impératifs thérapeutiques nécessitent, selon lui, une fréquence élevée des séances.
- des paiements de la main à la main vous sont demandés.
- une relation de séduction et des attouchements sont mis en œuvre.
- …
Si l'un de ces critères vous apparait: changez de thérapeute
Vous concernant:
Vous êtes dans une situation difficile
- Un accident de la vie (divorce, décès, difficultés conjugales…) vous donne l’impression d’avoir raté votre vie.Vous venez d'un milieu aisé:
- Une enfance choyée dans une famille "middle class", timide et influençable, parfois obstinée.
- Souvent l’enfant du « milieu » qui a du mal à se positionner envers ses frères et sœurs.
- Une éducation souvent poussée (universitaire).
- Un métier qui vous donne une certaine aisance financière.
- Vous vous intéressez à la psychologie sans avoir reçu de formation spécifique.
- Vous essayez de comprendre la cause de votre mal être, une explication "rationnelle" vous conviendrait.
Vos qualités personnelles
Votre attitude est très confiante:
- Vous faites une confiance aveugle à ce que vous dit le thérapeute, surtout s’il apporte une explication qui semble tellement logique:
"la cause de votre "mal-être" remonte à votre tendre enfance, un évènement grave vous a traumatisé(e) et vous l’avez refoulé. En le faisant remonter à la surface vous guérirez".
- Vous ne remettez pas en cause les explications du thérapeute, sa théorie ni la durée de la thérapie.
Vous justifiez la poursuite de la thérapie en vous disant:
- "Je ne vais pas interrompre ma thérapie après avoir tellement investi en temps et en argent".
- "C’est un thérapeute expérimenté, il sait sûrement ce qu’il fait et ce qu’il dit".
Si vous vous reconnaissez...redoublez de prudence
Le Professeur Ian Hickie, Brain & Mind Research Institute, Sydney University, Australie conclut ainsi:
«...Nous ne permettons pas à des chirurgiens voyous de mettre en place leur activité dans leur garage. Nous ne permettons pas à des médecins malhonnêtes de prescrire des médicaments n’importe comment. De la même manière, nous devons être très clairs : les thérapies psychologiques peuvent nuire gravement, elles doivent être exercées avec la conscience du risque associé au traitement, la compétence, la rigueur et l'éthique professionnelle.»....