Les thérapeutes de la mémoire "retrouvée" ne sont pas tous des charlatans.L’idée préconçue selon laquelle des «pseudo-thérapeutes» sont les principaux responsables des faux souvenirs est une légende.
Le nombre des thérapeutes adeptes des faux souvenirs
L'évaluation du nombre de thérapeutes des TMR est difficile, mais elle peut être faite selon la méthode de calcul de Mark Pendergrast, exposée dans « Victims of Memory », chapitre « The Scope of the Problem ». Pour les Etats-Unis le nombre de thérapeutes officiels recensés par les organismes professionnels était au moment du calcul de 254.600, nombre auquel il faut rajouter les thérapeutes non déclarés. L’étude de Poole, Debra A., D. Stephen Lindsay, a montré que 25% de ces thérapeutes étaient adeptes de la méthode des souvenirs "retrouvés". Soit, en prenant une évaluation minimaliste, il y avait, à la fin des années 90, environ 62 500 thérapeutes des TMR aux Etats-Unis. Si on transpose ce calcul pour la France on trouverait environ 7 500 thérapeutes des TMR compte tenu des indications de M.Fenech de 2008. Il est donc utile de confirmer ou d'infirmer cette estimation globale. C'est l'objet du paragraphe qui suit.
La "théorie" psychanalytique a fondé les thérapies de la mémoire "retrouvée".
Le psychiatre Edouard Zarifian décrit dans son livre Les jardiniers de la folie l'emprise en France de la théorie psychanalytique depuis les années 60 (extraits du livre pages 192 à 196) :
« A partir de la théorie psychanalytique et de son honnête application sur le divan, une idéologie psychanalytique totalitaire s’est développée. Lacan n’a pas été pour rien dans ce phénomène fondamentalement parisien à son origine. […] Entendons-nous bien cette vision n’est pas une critique de la théorie psychanalytique ni de ses applications raisonnées. C’est l’exposé d'une idéologie qui s'est nourrie de la psychanalyse et qui l’a caricaturée en allant beaucoup trop loin dans ses généralisations.
Si les plus chevronnés des psychanalystes ne sont pas dupes de cette idéologie, ce n'est pas le cas d'un grand nombre d’adorateurs bêlants qui aveuglés, fascinés, propagent avec fanatisme l’idéologie et l’entretiennent aux limites de l'absurde.»
Cette idéologie s'est répandue comme une trainée de poudre elle a conquis les universités, les psychiatres, les psychothérapeutes diplômés et aussi les thérapeutes autoproclamés et les charlatans.
Les notions freudiennes d'inconscient, de refoulement, de transfert.... sont largement répandues dans les médias, et le grand public. Elles sont utilisées, à tort et à travers par toutes sortes de thérapies.
Dans les pays anglo-saxons, en Hollande, en Suède... cette idéologie est rejetée depuis les années 2000, grâce aux travaux de recherche universitaires et aux procès intentés par les parents et les victimes du Syndrome des Faux souvenirs.
En France, les choses bougent enfin. Mais c'est récent, cela a débuté avec l'arrivée des thérapies cognitivo-comportementales plus efficaces que la psychanalyse puis avec l'évaluation des thérapies par l'INSERM en 2004.
Une contestation initiée par le Livre noir de la Psychanalyse, et des intellectuels comme Jacques Bénesteau, Michel Onfray, Jacques Van Rillaer et des associations notamment d'enfants autistes a mis en lumière le comportement totalitaire de certains adeptes de cette idéologie. Il faut rendre hommage à Edouard Zarifian, psychiatre courageux qui dénonçait dès 1988 cette idéolologie totalitaire.
Nous allons voir comment cette idéologie s'est introduite dans toute la profession et influence toutes les catégories de thérapeutes : psychiatres, psychothérapeutes diplômés, thérapeutes autoproclamés et autres charlatans.
Les psychiatres sont pour les 2/3 d'inspiration psychanalytique
Parlant des années 60 Edouard Zarifian écrivait:
[…] Ce fut en France la grande période de l'idéologie psychanalytique des années 60. Il n'y avait, à cette époque, guère de grande aventure intellectuelle pour l'apprenti psychiatre - on se faisait psychanalyser, ou on passait pour un imbécile.
[…] Il fallait choisir : la vérité ou l’hérésie ! Le jeune psychiatre devait opter pour un camp pour une filière de formation […] l’évangile était monodéïque.
[…] Le choix effectué, il fallait s’y tenir sous peine de passer pour un renégat.
La revue "Nervure, Journal de psychiatrie", de juin 2005 a publié une étude intitulée :" La dépression récurrente et les psychiatres libéraux". On apprend ainsi que:
- Pour 81,1% des psychiatres, le pourcentage de patients suivis pour dépression caractérisée était supérieur à 30%.
- Dans la pratique courante, les psychiatres prescrivent un traitement médicamenteux à 99% et une psychothérapie à 93%.
- Pour 67,5% des psychiatres, les traumatismes anciens constituent un facteur de risque de dépression, cité en 6ème position par ordre d'importance, après des épisodes dépressifs antérieurs, des antécédents familiaux, des troubles de la personnalité, la désocialisation, et l'arrêt du traitement anti-dépresseur.
- Il est intéressant de constater que la plupart des praticiens (73,4%) se basent sur leur expérience personnelle comme principale source d’information dans la prise en charge de leurs patients dépressifs plutôt que sur les congrès et la formation médicale continue (48,3% et 46,4%).
- Enfin le pourcentage de psychiatres en fonction de leur type de psychothérapie est : 64,6% d'inspiration psychanalytique, 20% cognitivo-comportementale (les plus jeunes d'entre eux) et 10,8% systémique.
On compte en France environ 13000 à 14000 psychiatres.
Il y aurait donc environ 9500 psychiatres d'inspiration psychanalytique mais fort heureusement tous ne pratiquent pas les thérapies de la "mémoire retrouvée" et les faux souvenirs induits. (Seuls 34% d'entre-eux seraient adeptes de ces méthodes).
C. Brooks Brenneis écrit dans son livre Recovered Memories of Trauma:Transferring the Present to the Past:
"Ces thérapeutes utilisent une grande variété de techniques de suggestion pour faire retrouver les souvenirs. Bien que cette minorité de thérapeutes reconnaisse la possibilité de souvenirs factices, il y a parmi eux une croyance largement répandue que les souvenirs retrouvés par leur propre méthode sont valides." (1997, Préface, xii)Les psychanalystes
En complément des 9500 psychiatres-psychanalystes mentionnés plus haut, on compte en France 5500 psychanalystes officiellement inscrits dans les différentes écoles, mouvances ou associations, soit au total 15000 psychanalystes :
- SIHPP: SOCIÉTÉ INTERNATIONALE D’HISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE ET DE LA PSYCHANALYSE
- ECF: l’École de la Cause freudienne (lacaniens)
- FFPP: Fédération Française des Psychologues et de Psychologie
- FF2P: Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse
- SPP: Société Psychanalytique de Paris (freudiens)
- APF: Association psychanalytique de France
- SFPA: Société Française de Psychologie Analytique (jungiens), Institut CG Jung France, La psychanalyse kleinienne
- Associations régionales: STFPIF, AJPMP, L'AGPSY...
Bien que la pluspart des psychanalystes adhèrent peu ou prou à la "théorie" freudienne de "l'évènement sexuel précoce", aux concepts d'inconscient et de refoulement et considèrent que les parents et la famille sont "à l'origine de toutes les formes de pathologies psychiques : psychoses, perversions, névroses, etc". ou "l'attitude d’essence incestueuse" du père ou de la mère" tous ne pratiquent pas les faux souvenirs, loin de là.
L’étude de Poole, Debra A., D. Stephen Lindsay, a montré que 25% seulement de ces thérapeutes étaient adeptes de la méthode des souvenirs "retrouvés". Ainsi les 3/4 des thérapeutes et des psychanalystes rejettent les pratiques de ceux qui manipulent les patients à retrouver des "souvenirs refoulés" d'abus sexuels soi-disant subis pendant leur enfance. Le quart restant représente cependant, pour les 15000 pychanalystes identifiés, environ 3750* qui pratiquent la recherche de faux souvenirs d'abus sexuel infantile.
On retient le chiffre de 50 patients en moyenne dans l'année par thérapeute. Debra A. Poole et D. Stephen Lindsay avaient interrogé ces thérapeutes et conclu que les patientes qui avaient nié au départ des abus sexuels s’en sont souvenues plus tard au cours de la thérapie représentent 34% des clients, soit 17 patient(e)s sur 50.
* Note: Des témoignages de familles et de patients, reçus sur le site, confirment l'existence de cette dérive chez ceertains psychanalystes. Nous citons, par ailleurs, les prises de positions de psychanalystes qui dénoncent ces pratiques des faux souvenirs induits, notamment Caroline Eliacheff et J.C. Malleval.
Les psychothérapeutes formés dans les Universités
J. Van Rillaer remarque : "Beaucoup de gens ignorent à quel point des psys peuvent faire des dégâts, même quand ils ont des diplômes universitaires." (Van Rillaer, 2003, p. 219)
Edouard Zarifian écrivait encore:
"[…] Les étudiants en psychologie furent particulièrement vulnérables au totalitarisme idéologique et purent ainsi se former et exercer au fil des années en ignorant que le cerveau existait."
Christophe André, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, le confirme dans un débat avec Simon-Daniel Kipman (Le Figaro, 24 octobre 2005): "Hélas, dans les facs de psycho, les étudiants sont majoritairement formés sur une base quasi exclusive de références psychanalytiques. Ils ne sont que très peu au fait des avancées de la neuro-anatomie, de la neurobiologie, de la génétique et de la pharmacologie, très peu ouverts aux thérapies autres qu'analytiques…"
Voici à titre d'exemple le contenu du Cours de psychopathologie - Licence - Université de Dijon, il concerne des patients sujets à personnalité borderline (état limite) et traités en psychothérapie:
[…] "Hypothèses explicatives: L'existence de mauvais traitements physiques et/ou psychologiques pendant l'enfance est avancée comme facteur de risque dans le développement de cette personnalité : de 20 à 70% (sic) des personnalité borderline avérée ont subi des abus sexuels, des pertes ou des séparations précoces, ou des conflits familiaux divers pendant l'enfance."
On notera que cette affirmation enseignée aux étudiants de psycho n'est étayée par aucune étude scientifique.
La loi instaure un registre national des psychothérapeutes au sein duquel sont enregistrés les professionnels après validation par les agences régionales de santé. Mais il n'est pas encore opérationnel. (INSTRUCTION N° DGOS/RH2/2012/308 du 3 août 2012 relative à la mise en œuvre du décret n° 2012-695 du 7 mai 2012 modifiant le décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute et aux modalités d’inscription sur le registre national des psychothérapeutes)
La FF2P (Fédération Française de Psychothérapie) dénombre 15.000 psychothérapeutes, elle représente à elle seule 3000 psychothérapeutes dont seulement 1245 praticiens inscrits dans l'annuaire des praticiens et 452 titulaires du CEP (Certificat Européen de Psychothérapeute).
Pour cette catégorie on estime également à 25% la proportion de ceux qui pratiqueraient les faux souvenirs soit environ 3750 psychothérapeutes.Les psychothérapeutes de formations diverses ou autoproclamés
Raymond Tallis observe : "La capacité jadis unique de Freud de suggérer à ses patients les faits exacts qu'il exigeait pour soutenir et réaliser ses théories fantaisistes, renforcée par son aura de sagesse, est maintenant disséminée parmi des centaines de milliers de disciples qui ne sont peut-être pas des psychanalystes, mais qui ont tiré de ses théories la croyance en l'importance centrale de certains types de souvenirs refoulés et à leur accès par le thérapeute." (Tallis, 1996)
On trouve dans cette catégorie de thérapeutes pêle-mêle : des médecins généralistes, des professions paramédicales (infimiers, kinésithérapeutes ...), des thérapeutes de formation éclectique et/ou autoproclamés, des coachs, des gourous de sectes etc...Leur nombre est difficile à chiffrer, certains étant installés sans plaque professinnelle et rémunérés en liquide. La Miviludes a recensé 500 thérapies qui figurent en partie dans notre page : Les psychothérapies, et les techniques de manipulation pour "faire parler l'inconscient" dans notre page : Techniques.
L'estimation la plus réaliste avoisine 20000 thérapeutes. Ils sont à l'origine d'un grand nombre de cas.
Paragraphe en cours de rédaction.Le nombre de patient(e)s victimes des faux souvenirs
Récapitulatif
Rappelons :
- qu'un thérapeute sur trois ou quatre, influencé par la "théorie psychanalytique", recherche activement des souvenirs d'abus sexuels, pendant l'enfance de ses patients.
- qu'un thérapeute de la mémoire "retrouvée" traite en moyenne 50 patients par an dont 17 seulement retrouvent des faux souvenirs d'abus sexuels au cours de la thérapie. (étude de Debra A. Poole et D. Stephen Lindsay)
Le tableau qui recense les thérapeutes en France
Catégorie de thérapeute
Nombre de praticiens en France
Psychiatres (source annuaire du Conseil de l'Ordre (1))
(dont Psychiatres-psychanalystes)16500
(13000)
Analystes non Médecins
5500
Psychologues diplômés pratiquant la thérapie (2)
27500
Psychothérapeutes régulièrement inscrits (3)
15500
Psychothérapeutes autre
15000
Total
80 000
Le nombre de patients victimes des faux souvenirs induits, en France.
Selon les experts issus du secteur médical et hospitalier, sur les 80 000 praticiens le tiers (soit 26 600) ou, au mieux, le quart (20 000) génèrent de «fausses croyances» chez 17 victimes en moyenne par an. Cela conduit à l’estimation de de 350 à 450 000 victimes directes. Nous avons longtemps sous-estimé, le nombre de victimes de ces thérapies.
Il est temps que les chercheurs français étudient, enfin, l'ampleur du phénomène...
Les sujets victimes potentielles de la "théorie"
les sujets des « états limites ».
les sujets anorexiques et boulimiques.
les sujets bipolaires.
les sujets cyclothymiques ( une variante spécifique des bipolaires ).
les sujets atteints de troubles schizophréniques.
les jeunes femmes en difficultés.
Nombre de jeunes femmes connaissent des épisodes difficiles pour de multiples raisons : difficultés à trouver ou à garder un emploi, difficulté à trouver ou à garder un compagnon, accident, maladie, dépression passagère post-partum etc,…. Nombre d’entre elles se confient à leur généraliste (il y a plus de 100 000 généralistes en France). Le généraliste est fréquemment conduit à préconiser la consultation d’un psychiatre conventionné à la Sécurité Sociale. Les jeunes femmes ont 7 chances sur 10 de tomber sur un psychanalyste caché derrière son titre de psychiatre. Le médecin généraliste le sait en après coup lorsqu’il ne revoit plus la patiente !!.....ni la famille non plus. !!! Le généraliste voit avec les familles ainsi "disparaître" en moyenne 5 à 6 patientes par an soit 500 000 à 600 000 jeunes femmes. Les jeunes femmes en état de faiblesse constituent une cible de choix pour les psychanalystes adeptes de la "théorie" qui vont aller "chercher le traumatisme d'enfance qui explique tout".
les troubles anxieux.
Les personnes consultent souvent au début de l’âge adulte, mais disent se souvenir d’avoir toujours été anxieuses. Elles consultent par ailleurs souvent des médecins généralistes ou spécialistes pour toutes sortes de treoubles physiques non spécifiques. Les femmes atteintes de troubles anxieux représentent 5 % de la population française soit plus de trois millions de femmes qui tôt ou tard tombent sur un adepte de la "théorie" qui va aller chercher dans les souvenirs enfouis "la cause jusque-là ignorée" des troubles anxieux.
les étudiantes en psychologie.
Le nombre moyen d’étudiantes en psycho en France est de 11 à 12000. Durant leurs études elles sont incitées à tenter "l’expérience de l’analyse" auprès de psychiatres- psychanalystes (aux frais de la Sécurité Sociale hors parcours coordonné avant 26 ans puis grâce à certificat de complaisance au delà de 26 ans.)
- Certaines deviennent alors adeptes de la "théorie". Une proportion conséquente est "convaincue" par des souvenirs "retrouvés". Les médecins qui soutiennent les familles qui ont ainsi perdu leur fille, savent, par [... *] qui sont ces psychiatres, souvent féminines, combien elles ont de patientes "en portefeuille", qui entre, qui sort et après combien de temps. Selon ces médecins, il semble qu’il y ait 3000 à 4000 victimes, par an, de la pratique des souvenirs "retrouvés".
* note: la source a été volontairement cachée pour en préserver l'anonymat
- Les moins nombreuses "ouvrent les yeux" (comme celle qui a témoigné sur notre site) et confessent le danger de la "théorie" ainsi que les escroqueries au préjudice de l’Etat.
les enfants dys et autistes.
Bien que les sujets soient des enfants et peu à même de retrouver des souvenirs d'abus sexuels en thérapie, les adeptes de la "théorie" sévissent ici aussi. Le film "Le Mur" et la révolte en 2012 des familles d'autistes (460 000 autistes et 2 millions de personnes concernées) montrent que les «impérialistes de la pensée» interviennent aussi bien dans l’autisme que dans les souvenirs retrouvés. Le nombre de victimes dépasse probablement très largement les évaluations faites en 2007/2008 avant la mise au jour du scandale de l’autisme……qui n’est qu’un début.