Faux souvenirs induits en psychothérapie et fausse mémoire

 

Quel est le problème ?

 

A la fin des années 80, plusieurs familles aux États Unis ont reçu des lettres ou des appels téléphoniques de leur enfant, généralement une fille qui avait atteint l’âge adulte (entre 20 et 40 ans), les accusant de lui avoir fait subir des abus sexuels au cours de sa petite enfance entre 2 et 5 ans.
Ce phénomène s’est ensuite répandu à travers le monde, il atteint maintenant l’Europe et en particulier la France.

Ces accusations sont souvent accompagnées de la décision de rompre la relation avec la famille et les auteurs présumés de ces abus. Les enfants accusateurs, devenus adultes, prétendent s’être souvenus de mauvais traitements passés, commis par ceux qu’ils accusent. Ces souvenirs nouvellement découverts sont fréquemment mis au jour au cours d’une « thérapie ».

Les parents accusés ont répondu que ces accusations étaient fausses et que ces « nouveaux souvenirs » n’étaient pas de vrais souvenirs.
Les familles concernées ont été très ébranlées et souvent détruites.
Les enfants et les parents n’ont généralement plus la possibilité d’apporter après une si longue période la preuve de la vérité ou de la fausseté de ces souvenirs.
Les parents ne sont de toutes façons pas écoutés. Leur bonne foi, le seul argument qui leur reste, est rejetée sans appel.

L’étude menée par la fondation américaine, FMS Foundation, démontre que des questions sérieuses se posent sur la véracité de ces accusations. Il est très possible que bon nombre d’entre elles soient fausses et que les "souvenirs" ont été induits par le thérapeute.
Cette fondation, qui s’est entourée d’un Conseil Scientifique et de Professionnels de renom, a mis en avant le concept de Syndrome des Faux Souvenirs (False Memory Syndrome, « FMS ») pour désigner cette nouvelle pathologie.
En France et dans les pays francophones on l'appelle souvent les faux souvenirs induits.

L’histoire de quelqu’un qui en est sorti….

"J’ai commencé une psychothérapie à l’automne 1985 parce que je ne savais pas comment m’y prendre avec mon petit garçon de 9 ans. Je pensais qu’il avait besoin de quelques conseils, il me semblait très coléreux pour un enfant de cet âge. Assez vite la thérapie s’est focalisée sur mes problèmes d’adulte et nous n’avons plus travaillé avec mon fils.
Le thérapeute s’est efforcé de me faire creuser mon passé de plus en plus, et les accusations d’abus sexuel sont venues ….

Ma mère est morte en janvier 1992, avant que je  puisse lui dire que je regrettais les accusations. Maintenant j’exprime mes regrets sur sa tombe.
Après sa mort, j’ai cessé de rechercher des souvenirs et commencé à m’occuper de ce que j’avais perdu et de mon mariage qui partait à vau l’eau.

Lentement, j’ai commencé à me sevrer de mon thérapeute. Mon mari et moi avons entrepris une thérapie familiale avec un autre thérapeute à qui j’ai commencé à accorder ma confiance. En même temps j’ai lu le cas du Dr. Bean-Bayog et Paul Lozano, j’ai entendu parler du syndrome FMS.

Cela m’a pris encore 8 mois pour y voir clair.
Cette année a été difficile et j’ai commencé réellement à comprendre ce que j’ai perdu à la suite de cette thérapie. J’étais passée de l’état d’une femme très active qui élevait ses 3 enfants, et membre de l’association des parents d’élèves, à une femme déprimée, régressive, dépendante et suicidaire.
Il me semble encore ahurissant que cette situation ait pu se produire et provoquer de tels dégâts dans ma vie."

Une mère de famille qui est sortie de cette aliénation.


Mais l’histoire recommence encore

"Cela fait plus d’un an que notre fille nous a écrit « la lettre » qui a changé notre vie pour toujours. Elle disait qu’elle ne nous reverrait jamais. Elle a décrété que nous ne pourrions plus avoir de contact avec nos petits enfants jusqu’à l’âge de 18 ans. Cela a détruit notre famille. Je remercie le Seigneur que nous ayons 2 autres enfants aimants et 6 autres petits enfants. Mais ceux que nous ne pouvons plus voir nous manquent tellement..

Notre fille nous a appelés et m’a parlé, mais lorsque j’ai parlé de voir mes petits enfants elle a raccroché brutalement. Il n’y a plus de joie, plus de fêtes, plus d’anniversaires et les réceptions deviennent des peines de cœur. J’essaie de faire face pour le reste de la famille. Mais pour combien de temps ? Comment les parents vivent-ils cette agonie ?"

Une mère et un père


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