Faux souvenirs induits en psychothérapie et fausse mémoire

 

 

Quelles pratiques thérapeutiques posent problème ?

 

Nous souscrivons aux recommandations du Collège Royal des Psychiatres en Grande-Bretagne émises en 1997 à l'intention des professionnels :

« Il est conseillé aux psychiatres d’éviter de s’engager dans quelques techniques de recouvrement de la mémoire que ce soit.
Ces techniques sont basées sur la recherche d’abus sexuels passés dont le patient n’a aucun souvenir.
De telles techniques peuvent comprendre : des entretiens sous médication, des techniques hypnotiques, des thérapies de régression, l’imagerie guidée, l’interprétation littérale des rêves, la tenue d’un journal…
Il n’y a aucune preuve que l’utilisation de techniques d’altération de la conscience telles que les entretiens sous médication ou l’hypnose puissent révéler ou créer de façon précise de l’information factuelle concernant quelque expérience passée que ce soit, y compris d’abus sexuel. »

Les pratiques ci-dessus mentionnées peuvent notamment :
- Accroître le risque de suggestion
- Amener le patient à croire fermement à la véracité de ces faux souvenirs induits par la thérapie

Des études poussées ont montré de façon répétée que les patients croient que les images produites sous hypnose sont exactes parce qu’elles contiennent de nombreux détails et peuvent être associées à une forte émotion.
Ceci ne prouve pas cependant leur vérité historique.

Dans un article très documenté du journal Marie Claire de déc.1996 François Roustang, psychanalyste et hypnothérapeute confirme que :
"La réalité du souvenir est invérifiable. Il faut savoir que tout souvenir est recomposé. Et plus longtemps il a été oublié et enfoui, plus il a de chances d'être méconnaissable. C'est le b a ba de la psychologie." 
Il ajoute:
"La suggestion est la chose du monde la plus répandue. Quand nous recherchons la reconnaissance des autres, nous avons tendance à nous soumettre à leurs désirs. Il n'y a donc pas à s'étonner que tout psychothérapeute dispose d'un pouvoir de suggestion. Il est connu que lors d'une psychanalyse, on fait des rêves pour répondre à l'attente de l'analyste. Il en est de même en hypnothérapie. Si le thérapeute dispose assez longtemps de la confiance du patient et s'il est convaincu qu'un inceste a été subi, le patient le lui avouera finalement pour lui faire plaisir ou pour avoir la paix. C'est comme un policier qui finit par faire avouer ce qu'il cherche à un détenu qui est à bout. Mais à l'inverse, un thérapeute qui nierait qu'un inceste ait été possible serait dans la même position: il empêcherait le patient de dire sa souffrance.
Le thérapeute a une responsabilité majeure et ses convictions peuvent avoir des conséquences néfastes."  

Sans confirmation extérieure, personne ne peut déterminer quels souvenirs sont exacts et quels souvenirs ne le sont pas.

Reconnaitre des pratiques qui dérogent à l'éthique de la profession.

Si au cours d'une thérapie vous avez des doutes sur l'éthique de votre thérapeute voici quelques  affirmations qui révèlent des pratiques déviantes qui doivent vous alerter.

Il pourra par exemple vous dire:
1 – Au vu des résultats de l’« expertise psychiatrique » : vous avez les symptômes de quelqu’un qui a été abusé. 
2 - Les études montrent (ou mon expérience ) que la plupart des gens qui ont ce diagnostic ou ces symptômes ont été abusés sexuellement.
3 – Si vous pensez avoir été abusée, alors vous l’avez probablement été.
4- Se souvenir est essentiel si vous voulez guérir.
5 – Cette technique ( hypnose, imagerie guidée, amitate de sodium ..) est conçue pour vous aider à vous souvenir.
6- Se détacher de... se confronter à... attaquer en justice... votre famille fait partie nécessairement de votre guérison.
7 - Vous devrez aller plus mal avant d’aller mieux.
8 – Votre corps renferme des souvenirs précis des événements passés.

La vigilance doit vous permettre de déceler ces pratiques habituelles de manipulation par les thérapeutes de "la mémoire retrouvée".



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